FRANÇA – COMITÉ DE SOUTIEN A LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE DU PEUPLE CHILIEN

 

BIBLIOTECA DE ANTÓNIO FONSECA FERREIRA

ANEXO:

Le Monde

Trois cents ” comités de base pour soutenir la lutte révolutionnaire du peuple chilien “

Le Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien a réuni ses premières assises nationales, les samedi 23 et dimanche 24 mars, à l’université de Paris-Sud (Orsay). Plus de deux cents délégués des comités de base, créés au cours des six derniers mois à Paris et dans la plupart des villes de province, ont élaboré et voté une nouvelle ” plate-forme politique ” et élu une coordination nationale de quarante membres.Afin d’établir des relations étroites avec les mouvements analogues qui se sont développés dans, d’autres pays d’Europe occidentale, le ” comité Chili ” participera à une conférence qui doit être organisée à la fin du mois d’avril à Francfort. Les délégués ont aussi longuement discuté des prochaines campagnes de soutien à la résistance chilienne. Ils ont enfin préparé la manifestation organisée, ce lundi, à 18 heures, place de la Bastille, pour protester contre la réunion du Club de Paris qui doit étudier les modalités de règlement de la dette extérieure du Chili.

Par D. P.

26 mars 1974 

Plus de trois cents comités de base, environ huit mille militants actifs, un journal dont les six premiers numéros ont été tirés et vendus à vingt mille exemplaires, des centaines de meetings à travers la France, 500 000 francs collectés et déjà versés à la résistance… C’est le bilan jugé ” très largement positif “, que les dirigeants des ” comités Chili ” ont présenté devant les premières assises du mouvement.

Créé en mai 1973 par des militants du CEDETIM (Centre d’études du tiers-monde), le Comité de soutien à la lutte révolutionnaire du peuple chilien ne se différenciait guère, à l’origine, des multiples comités d’” aide “, de ” défense “, de ” solidarité “, dont l’existence se limite le plus souvent à une boîte postale, un compte bancaire, quelques communiqués et autres ” appels de personnalités “. Ses dirigeants avaient pourtant suscité la création de plusieurs comités de base, notamment à Lyon et à Marseille, et se donnaient pour tâche de ” développer en France un mouvement de masses en soutien aux éléments les plus avancés de la révolution chilienne “.

Mais c’est surtout au lendemain du putsch militaire contre le gouvernement d’Unité populaire que le comité a pris son véritable essor. La plupart des organisations d’extrême gauche (P.S.U., Rouge, Révolution. Gauche ouvrière et paysanne, Alliance marxiste-révolutionnaire, etc.) y ont en effet ” investi leurs militants ” sans que, pour autant, le comité ne devienne un ” cartel ” entièrement soumis aux décisions de ces divers groupes.

Un large accord existait pour créer, dans les quartiers, les lycées, les facultés et les entreprises des comités de base susceptibles d’attirer une audience qui dépasse largement les seuls ” militants organisés “. De fait, de nombreux ” anciens de mai “, qui avaient plus ou moins abandonné l’action politique, lassés par les querelles intestines de l’extrême gauche, se sont retrouvés mobilisés dans le cadre de ces comités.

C’est, affirme un dirigeant du mouvement, qu’au-delà de la solidarité naturelle avec le peuple chilien, ” victime d’une répression massive “, la fin tragique de l’Unité populaire posait, en clair, les questions essentielles de la prise du pouvoir, les problèmes concrets de la stratégie révolutionnaire en France même. Tirer les leçons de l’expérience chilienne, c’est donc, pour les militants des ” comités Chili “, comprendre et expliquer largement ” l’impasse dans laquelle conduit le réformisme, et, par contrecoup, l’indispensable préparation à l’affrontement contre l’État bourgeois “.

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